Paris Futurs

Théophile Gautier ouvre le bal avec une rêverie sur les villes de l’Orient ancien, imaginant un Paris de palais et de parfums, de beauté et de gigantisme. Joseph Méry imagine un Paris où l’on serait venu à bout de cette immense plaie : la pluie. Victor Fournel plonge dans un délire haussmannien, totalement anti-romantique. Là encore, ce n’est pas dépourvu d’ironie. Ce recueil d’utopies architecturales a donc beaucoup d’humour. C’est une lecture très distrayante, mais aussi intéressante. En dépit de la beauté de leurs rêves, on sent que ces auteurs n’osent pas réellement se prendre au sérieux. Et tous, choisissent autre chose que les ruelles pittoresques et désordonnées, rêvant palais et grandes architecture, ordre, lumière et propreté. Urbanisme et hygiénisme vont de pair. — Mark & Marcel

Cette anthologie relève d’un futurisme suranné, d’une science-fiction obsolète dont le charme opère justement en raison de son ancrage dans le passé. Certaines intuitions étonnent par leur justesse et leur caractère quasi prophétique, d’autres paraissent tout à fait invraisemblables ou fantasmatiques, mais toutes contribuent à révéler les préoccupations de l’intellectuel du XIXe siècle, attentif au développement des transports, à l’urbanisation croissante, à l’ordre politique et social, aux enjeux climatiques et aux nouvelles possibilités technologiques. Au fond, c’est moins la question de l’aménagement de l’espace urbain qui est posée que celle de l’organisation de la vie dans son ensemble. — Louis Wiart

Ça vous tente ? Envie de jouer aux archéologues du futur en vadrouillant dans un Paris qui n’a jamais existé ?

J’accours !

Les autres vies de Napoléon Bonaparte

En définitive Les autres vies de Napoléon Bonaparte, disponible en version papier et numérique, est un objet patrimonial que tout amateur d’uchronie doit avoir dans sa bibliothèque (qu’il soit ou pas nostalgique du Petit Caporal). — RSFBlog

Envie de savoir ce qui se serait passé si Napoléon s’était évadé de Sainte-Hélène à bord d’un sous-marin et avait envahi l’Amérique ?

C’est par là !

Le passé à vapeur : anthologie proto-steampunk

Des androïdes dansants, des inventeurs géniaux, mais un peu dérangés, des aérostats et des machines gigantesques, des prouesses technologiques et industrielles, des machines inédites et des mécanismes superbement complexes… Ces textes ne sont pas du steampunk. Ils en sont les plus lointaines racines, plongées dans les profondeurs de notre imaginaire. — Étienne Barillier (extrait de la préface)

Dans le joli livre Le passé à vapeur, que les éditions ArchéoSF ont publié, j’ai trouvé de quoi lire et me distraire. Sous une attrayante couverture et dans une mise en page agréable et soignée, après une préface d’Étienne Barillier, Philippe Éthuin présente onze nouvelles, suivies chacune d’une note de remise en perspective à la publication d’origine, sous la double casquette d’éditeur et anthologiste. […] C’est une incursion intéressante dans l’appropriation des thèmes de l’anticipation au cours du XIXe siècle par des auteurs émoustillés pour la plupart de cette « nouveauté ». Comme souvent, ils s’en prennent surtout à l’aspect amuse-gueule, et se destinent à faire sourire d’un air entendu. — Christine Luce, L’Amicale des Nids à Poussière

Automates, ballons dirigeables et machines à vapeur vous font tourner la tête ? Plongez aux racines du steampunk !

Je plonge gaillardement.

Histoire de ce qui n’est pas arrivé

Histoire de ce qui n’est pas arrivé est l’une des toutes premières uchronies françaises à avoir été publiée. […] La préface de Philippe Éthuin se révèle très intéressante, fruit de longues heures de recherches on dirait : en plus de situer le texte dans son contexte historique, elle nous fournit son histoire éditoriale. Du paratexte intelligent, j’aime ça. […] Histoire de ce qui n’est pas arrivé est à hisser au rang de classique indispensable de l’uchronie tant il représente son époque et répond au canon du genre. — RSFBlog

Suivre Bonaparte sur les traces d’Alexandre le Grand, c’est possible !

Et ça commence ici.

Force ennemie

Voilà un roman très surprenant. Le narrateur (apparent) se réveille au début du livre et découvre qu’il est interné dans un asile. Commence la découverte des lieux et le lecteur s’interroge : a-t-on affaire à un vrai fou ? à un homme interné contre son gré par sa famille ? ou bien un peu des deux ? En réalité, le narrateur se révèle habité par une créature… étrange et étrangère. Et le roman bascule dans la SF. Mais le roman est riche. Tout le début se déroule à l’asile, le personnel semblant à peine moins fou que les malades, dans un climat propice à l’érotisme. Et ensuite nous sortons… […] Ce roman est une réussite. C’est aussi un objet curieux dont on se demande d’où il sort. — Mark & Marcel

Envie de lire le PREMIER Prix Goncourt ?

Impossible de résister.

L’amour en mille ans d’ici

Une utopie tracée avec une belle prestesse. Un fond religieux.
Un monde merveilleux, pacifié, basé sur la croyance que sans difficulté matérielle, dans un monde sans secret, l’homme sera forcément fraternel, intelligent, heureux. — Brigetoun

La première originalité de cette utopie est le rôle joué par la Cabale et les savants juifs. J’ai également apprécié que les inventions soient issues du monde entier et de plusieurs planètes. Marx s’imagine que quand l’ensemble des biens de consommation sera fabriqué en série et quasi gratuit l’argent et la rivalité seront supprimés au point de déposer les anciennes monnaies au musée de Cluny (Exactement l’inverse de ce qu’il s’est passé donc). — Mark et Marcel

À quoi ressemble donc notre société en 2873 ? À un pur bonheur pour le narrateur (nous sommes dans une utopie ne l’oublions pas). Un français, Dumont Dartois, a mis au point en 1954 des ailes volantes individuelles. Ces ailes ne permettent pas seulement de voler de Paris à Iffendorf (village fictif d’Alsace) ou Moscou, elles ouvrent la voie au voyage spatial. Voilà les français (car, oui, la France par cette invention, se voit investie d’un rôle de guide par les autres nations et les peuples s’unifient sous le drapeau français) en route pour la Lune puis Vénus puis Mercure. Chaque planète abritant un peuple différent, les échanges de technologies sont sources de progrès pour chacun. D’autres progrès scientifiques stupéfiants remodèlent notre société : une eau pétrifiante permet à tous devenir propriétaire, une « formule » met l’éducation à la portée de tous. Progressivement la société abolit les clivages : plus de riches, plus de pauvres, plus d’ignorants, la science permet de faire tourner les machines en consommant peu de ressources naturelles, fabriquer un objet ne coûte plus rien, ce bien devient donc gratuit… — RSFBlog

Quoi ? Un Homme bon et altruiste ? Ai-je bien lu ?

J’ai bien envie de voir ce que ça donne !

Les trois yeux

Ah, je me suis régalée ! Il s’agit d’un petit roman d’anticipation, qui se dévore avec plaisir. Puis s’ensuivent une histoire d’amour, un meurtre sauvage, une découverte scientifique de première ampleur et quelques rebondissements. Autant le dire : on retrouve ici la maîtrise de la narration telle qu’elle apparaît dans L’Aiguille creuse. Surprises, révélations, retournements de situation. C’est vraiment le rythme qui fait la réussite du texte, ainsi que les mystérieuses visions du passé, dont la description est pleine de beauté. — Mark & Marcel

Nos frères vénusiens voulant entrer en contact avec nous, une histoire d’amour soi-disant annexe, une jeune fille tendre et énigmatique dans son comportement, une lutte pour exploiter découverte, du sang, de l’émerveillement. Et une écriture d’époque avec ce mélange de grands sentiments, scientisme et ironie. — Brigetoun

Cet excellent livre n’est pas sans rappeler certaines nouvelles d’HG Wells. — Gill

Le père d’Arsène Lupin qui nous fait revivre l’exécution de Miss Cavell, espionne de la Première Guerre Mondiale, assister à la bataille de Trafalgar, être témoin de la première ascension des Montgolfier à Annonay, observer la montée à l’échafaud de Louis XVI, voir un combat aérien de la Grande Guerre, ou encore suivre le chemin de croix de Jésus-Christ, tentant non ?

Tentant !

Le raccommodeur de cervelles et autres nouvelles

Dans Le raccommodeur de cervelles, le Docteur Mystère, chirurgien supernaturel a découvert le moyen de guérir les gens de leurs obsessions, de modifier leur caractère. La seconde nouvelle, L’omnibus aérien nous emmène en promenade au dessus de Paris et ses principaux monuments avec des passagers tour à tour fanfaronnant, ou s’inquiétant, se moquant des paysages qu’ils voient défiler si petits vu de là-haut. Encore la fin du monde, comme son nom l’indique met à l’honneur ce que deviendront les sciences d’ici les 10 millions d’année restante à la Terre selon Thompson. Toutes les sciences vont y passer, y compris les lettres. J’avoue, je l’ai trouvé assez jubilatoire. La quatrième histoire s’appelle Le journal du dernier Robinson. Fantaisie de l’avenir (XXe siècle) Sans doute celle qui m’a le plus touchée, limite peinée. Pauvre homme qui souhaite tant découvrir des terres encore vierges de toute présence humaine et qui navigue de désillusion en tristesse. Et voici Le déluge à Paris. Avez-vous déjà pensé à ce que diraient des archéologues si un déluge détruisait la Terre et que des milliers d’années plus tard leurs fouilles les amenaient à trouver des vestiges incompréhensibles ? C’est exactement ce à quoi s’est amusé Pierre Véron dans cette amusante nouvelle à la Morale à La Fontaine. Et pour clore ce beau recueil, un portrait de son contemporain Jules Verne. Certains prétendent que la curiosité est un vilain défaut, j’affirme le contraire car sans elle je n’aurais pas lu ce recueil et découvert une plume savoureuse, piquante et amusante. La préface de Philippe Éthuin introduit bien ces récits, les situant dans leur époque et nous indiquant leurs parutions. — Dzahell

Des petites nouvelles ArchéoSF pur jus à découvrir sans hésiter !

Et d’ailleurs, je n’hésite pas !

Haïkisations extraordinaires

Pour le plaisir de se souvenir de ses lectures (en ai lu, autrefois, la plupart) pour le plaisir de retrouver les illustrations, puisqu’une de celles de l’édition originale est là, chaque fois, pour donner un indice, plaisir de ce parfum d’époque, plaisir de deviner assez facilement quand on l’a lu quel est le livre, et de constater combien ces petits textes (haïkus très approximatifs, en fait, qui se bornent à la forme des trois lignes — et encore pas tout à fait pour tous) résument très efficacement l’action, très efficacement mais très radicalement, gommant toutes les péripéties, leçons etc. S’y ajoutent quelques poèmes de Verne et deux hommages d’André Laurie et d’Anatole le Braz. — Brigetoun

Envie de jouer avec Jules Verne ?

Pourquoi pas !

Zigzags à travers la science

Une petite vidéo pour changer !

Un pont sur la Manche, une femme électrique, un express de l’avenir… Entre fantaisie et anticipation, causerie scientifique et fiction,
 Michel Verne, fils de Jules, imagine à la fin du dix-neuvième siècle ce que sera la science de demain…

Et ça vaut le détour !

Le Formidable événement

Paru en octobre et novembre 1920 dans Je sais tout, cet excellent ouvrage de Maurice Leblanc n’est à proprement parlé pas un livre de science-fiction. Il quitte, dès les premières pages, le genre vers lequel il semble s’engager pour devenir, très vite, un passionnant roman d’aventure. En juin 1928, La Manche s’agita d’une manière anormale, ses flots furent pris de convulsions et un tremblement de terre, qui détruisit la ville de Dieppe, la fit se retirer loin derrière l’horizon. Ce qui était le bras de mer le plus fréquenté au monde est devenu soudainement une terre dégagée qui rattache la Grande-Bretagne au continent européen. Simon Dubosc part sur cet ancien fond marin, parcouru par des bandes venues piller les épaves, à la recherche de sa fiancée. Il progresse sur ce nouveau territoire, en même temps que les troupes venues en prendre possession et pourchasser les pillards à la recherche du lieu mythique de « la pluie d’or »… Maurice Leblanc signe, là, un excellent ouvrage dont l’idée fut reprise, une première fois par Claude Farrère pour en faire un conte puis juste avant la guerre dans l’hebdomadaire Robinson où un roman reprenait dans les grandes lignes la trame de Leblanc.
La description, dans la première partie , du cataclysme, vu de la mer est un des moments forts du livre et participe à faire de celui-ci un ouvrage important dans l’oeuvre de Maurice Leblanc. — Gill

Le Formidable événement est un grand roman, pionnier de la science-fiction française, mais aussi une belle peinture des caractères, un hommage au Western, une histoire d’amour touchante… — Dorothée

Et si on allait à Londres à pied ?

Aucun problème !

 

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