M. Lambre se faisait les ongles, quand on frappa. — Entrez ! dit le directeur de la société connue sous le nom : « Les grandes recherches interplanétaires ». Un jeune homme parut. Un moins de trente ans, mais sans morgue, qui portait un visage timide, des yeux effarés et dont la barbe en forme de forêt – la forêt noire – dissimulait mal son trouble. — Vous avez à me parler ? demanda M. Lambre à son chef de service. — Non, répondit l’arrivant, qui se reprit, s’écriant : —Continuer la lecture «  Le voyage dans la lune, Gaston Picard (1930) »

La fusée lumineuse, parcourant trois cent mille kilomètres à la seconde, continuait de traverser les espaces interstellaires. — La terre ! annonça la femme qui observait de la cabine de la fusée, nous allons revoir la terre. — Après sept ans et quatre mois d’absence, dit l’homme. — Si les conséquences tirées de la théorie d’Einstein se réalisent, reprit la femme, nous devons trouver un changement considérable sur notre planète puisque, selon lui, le temps écoulé n’est pas le même pour les individus qui se déplacentContinuer la lecture « Retour des autres mondes - René le Cœur (1936) »

Une vision fabuleuse Des habitants de la Patagonie affirment avoir rencontré, dans les marécages déserts de ce pays, un plésiosaure qui serait le dernier représentant d’une faune préhistorique, aujourd’hui disparue. Une expédition vient de partir de Buenos-Ayres pour rechercher cet animal gigantesque. On pensait disparue à jamais toute la faune antédiluvienne. Aussi était-on tenté de rire des dépêches qui nous sont parvenues d’Argentine annonçant que des explorateurs avaient découvert, dans les marais déserts de la Patagonie, un animal fabuleux, ressemblant fort au plésiosaure préhistorique. Or,Continuer la lecture « 1922 : En Patagonie, ils partent à la recherche d’un plésiosaure »

En pénétrant, Alain et moi, sur le quai de la gare de Chamonix, nous fûmes émerveillés : le soleil, jouant comme avec un réseau sur le fin solénoïde noyé dans les tubes en plastec transparent où se mouvaient les cars magnétiques, y faisait naître des myriades de petits arcs-en-ciel du plus ravissant effet. De minute en minute, les cars avalaient ou dégorgeaient des cargaisons de touristes. Nous prîmes place dans un des cars de luxe réservés aux alpinistes d’élite et attendîmes le départ. * *     * EnContinuer la lecture « Une course en 1998 — Marcel Renaudie (1946) »

Les plus ignares habitants de la planète surent enfin, vers l’an 2150 après Barrabas, comment il fallait s’y prendre pour parvenir. Ce n’était pas bien compliqué. Pour parvenir, il suffisait de faire parler de soi. À ceux dont on parle vont honneurs, gloire et fortune. On s’aperçut aisément, au vingt-deuxième siècle — et même auparavant — qu’il n’était pas très difficile de faire parler de soi : il n’y avait qu’à être vainqueur dans l’un des mille concours, matches, records et acrobaties diverses dont les journauxContinuer la lecture « In the world… — Jean Rameau (1930) »

Je m’étais couché très tard et je dormais, depuis je ne sais combien d’heures, d’un sommeil particulièrement agité, quand, soudain, l’huis de ma chambre résonna sous de multiples coups, frappés avec une violence extraordinaire. En même temps, une voix inconnue vociférait du dehors : — Holà ! le vieux, ouvre-moi ou j’enfonce ta porte !… Comme il n’y avait pas de vieux dans ma maison, — du moins à ma connaissance, — je pensai que mon irritable visiteur devait sûrement se tromper. Aussi, pour aller l’en convaincre, tentai-jeContinuer la lecture « Mon bicentenaire — Henri Jousset (1914) »

[Ceci se passe en l’an deux mille cinq cents]. Sur la terre où s’apaise la rumeur des hommes et des choses, où les voix deviennent graves, les gestes lents, les âmes songeuses, le crépuscule tend ses toiles de soufre et de sang, et le soir s’avance, solennel et recueilli, en l’apothéose glorieuse où s’achève le jour. De petits nuages cotonneux rutilent comme des sphères d’or. Des ballons fusiformes strient le ciel de longs jets de pourpre. C’est l’heure où les Parisiens s’évadent vers les campagnes,Continuer la lecture « L’essence de baiser — Gaston Derys (1898) »

On parlait des rêves. — Les uns disaient que ce sont des mensonges, des excitations du cerveau, surmené le jour ; d’autres penchaient pour des ressouvenirs d’existences passées. Antonin affirma que les derniers avaient raison ; que lui, non seulement. revivait en rêve ses avatars antérieurs, mais qu’il lui était parfois donné de prendre un avant-goût des existences qu’il avait à fournir encore. Les boutades amusantes d’Antonin faisant prime dans nos petits cénacles d’amis, nous nous empressâmes de pousser des hurlements d’incrédulité, à seule fin de mettreContinuer la lecture « Le rêve d’Antonin — Octave Pradels, 1907 »

Pour accompagner la parution des Autres vies de Napoléon Bonaparte, Uchronies & Histoires secrètes, voici un court poème narrant la fuite de l’Empereur de l’île de Sainte-Hélène…   Fuite de Sainte-Hélène Prométhée avait son vautour ; Napoléon peut-être eut pire ; Car Hudson-Lowe, son vampire, Rongeait, déchirait tour à tour Et son foie et son coeur. Un jour, Pensif, solitaire en son île, L’Empereur, en levant les yeux, Croit voir un point sombre et mobile Surgir au plus profond des cieux. Il saisit sa longue lunette, EtContinuer la lecture « Fuite de Sainte-Hélène, par Saintine (1864) »

Franck Delage (1873-1950), agrégé de l’Université, a publié de nombreux ouvrages sur le Limousin. En 1945, il devient président de la Société archéologique et historique du Limousin. Dans la revue Notre Province, il propose en 1943 un conte pour la jeunesse Les Chasseurs de mammouths qui a pour cadre le Limousin préhistorique. Conte pour les jeunes Les Chasseurs de Mammouths À mes petits-enfants Voulez-vous faire avec moi un voyage qui ne ressemblera à aucun de ceux que vous avez faits ? Je ne veux point vousContinuer la lecture « Les chasseurs de Mammouths | Franck Delage »