Cet effet serait bien surprenant, bien incompréhensible pour une troupe de civilisés qui pourrait s’endormir comme Épiménide et se réveiller au bout d’un siècle dans l’Harmonie. Supposons le fait, supposons un coche partant de Paris pour Auxerre et conduisant une centaine d’hommes, femmes et enfants, tous à peu près de la classe inférieure, de petite bourgeoisie qui veut aller à l’économie ; car ceux qui voyagent par le coche d’Auxerre ne sont rien moins que des milIionnaires. Admettons qu’ils se soient endormis pendant un siècle, qu’uneContinuer la lecture « Le coche d’Auxerre, Charles Fourier (1851) »

Pendant une dizaine de siècles, tout ira de mieux en mieux. L’industrie surtout marchera à pas de géant. On commencera d’abord par épuiser tous les gisements de houille ; puis toutes les sources de pétrole ; puis on abattra toutes les forêts ; puis on brûlera directement l’oxygène de l’air et l’hydrogène de l’eau. A ce moment-là il y aura sur la surface du globe environ un milliard de machines à vapeur de mille chevaux en moyenne, soit mille milliard de chevaux-vapeur fonctionnant nuit et jour. Tout travailContinuer la lecture « La fin du monde, Mérinos (Eugène Mouton), 1872 | Partie 2 »

Et le monde finira par le feu De toutes les questions qui intéressent l’homme, il n’en est pas de plus digne de ses recherches que celle des destinées de la planète qu’il habite. La géologie et l’histoire nous ont appris bien des choses sur le passé de la Terre : nous savons au juste, à quelques millions de siècles près, l’âge de notre globe ; nous savons dans quel ordre les développements de la vie se sont progressivement manifestés et propagés à sa surface ; nous savons àContinuer la lecture « La fin du monde, Mérinos (Eugène Mouton), 1872 | Partie 1 »

Cette nuit-là, l’étoile se leva plus tard, car son mouvement vers l’est l’avait quelque peu entraînée du Lion vers la Vierge, et son éclat était si intense que le ciel prit une teinte d’un bleu lumineux à mesure qu’elle se levait, et les planètes s’effacèrent tour à tour, sauf Jupiter près du zénith, Capella, Aldébaran, Sirius et les Chiens de l’Ourse. Elle était très blanche et belle. En maints endroits du monde, on vit, cette nuit-là, un halo pâle qui l’encerclait. Elle devenait sensiblement plusContinuer la lecture « L’Étoile, H.G. Wells (1897) — Partie 2 »

Le premier jour de l’année nouvelle, trois observatoires signalèrent, presque simultanément, le désordre survenu dans les mouvements de Neptune, la plus éloignée des planètes qui gravitent autour du Soleil. En décembre déjà, Ogilvy avait alerté l’opinion sur un ralentissement suspect de sa vitesse. Une telle nouvelle était peu faite pour intéresser un monde ignorant majoritairement l’existence même de Neptune, si bien que, en dehors de la communauté des astronomes, la découverte ultérieure d’une faible et lointaine tache lumineuse dans la région troublée ne causa aucuneContinuer la lecture « L’Étoile, H.G. Wells (1897) — Partie 1 »

Tous les dimanches, dans les colonnes d’ArchéoSF, le fameux journaliste Jean Lecoq prend la plume dans la rubrique L’œil de Lecoq ! Combien sont-ils, dans l’histoire de la littérature, ceux qui créèrent un genre, exploitèrent un filon qu’ils avaient découvert, et que nul n’avait exploité, dont nul, même, n’avait soupçonné l’existence avant eux ?… Combien sont-ils ? Comptez-les. Jules Verne, dont on va célébrer le centenaire, est incontestablement un des plus originaux parmi ces créateurs. Nos abstracteurs de quintessence, nos coupeurs de cheveux en quatre, nos précieux faiseursContinuer la lecture « Jules Verne le précurseur »

M. Lambre se faisait les ongles, quand on frappa. — Entrez ! dit le directeur de la société connue sous le nom : « Les grandes recherches interplanétaires ». Un jeune homme parut. Un moins de trente ans, mais sans morgue, qui portait un visage timide, des yeux effarés et dont la barbe en forme de forêt – la forêt noire – dissimulait mal son trouble. — Vous avez à me parler ? demanda M. Lambre à son chef de service. — Non, répondit l’arrivant, qui se reprit, s’écriant : —Continuer la lecture «  Le voyage dans la lune, Gaston Picard (1930) »

Il n’est question actuellement que de l’invention d’un ingénieur anglais, M. Grindell Matthews : le rayon thermique qui tue à distance et qui arrête le mouvement des moteurs, dans une zone de rayonnement encore restreinte mais susceptible de devenir considérable. M. Grindell Matthews affirme avoir découvert — ce sont ses propres paroles — un rayon électrique capable de détruire dans un espace donné toute trace de vie. « Je puis, ajoute-t-il, mettre le feu à tous les explosifs connus, et, avec la quantité de puissance nécessaire fondreContinuer la lecture « Le rayon qui tue »

La fusée lumineuse, parcourant trois cent mille kilomètres à la seconde, continuait de traverser les espaces interstellaires. — La terre ! annonça la femme qui observait de la cabine de la fusée, nous allons revoir la terre. — Après sept ans et quatre mois d’absence, dit l’homme. — Si les conséquences tirées de la théorie d’Einstein se réalisent, reprit la femme, nous devons trouver un changement considérable sur notre planète puisque, selon lui, le temps écoulé n’est pas le même pour les individus qui se déplacentContinuer la lecture « Retour des autres mondes - René le Cœur (1936) »