Cette nuit-là, l’étoile se leva plus tard, car son mouvement vers l’est l’avait quelque peu entraînée du Lion vers la Vierge, et son éclat était si intense que le ciel prit une teinte d’un bleu lumineux à mesure qu’elle se levait, et les planètes s’effacèrent tour à tour, sauf Jupiter près du zénith, Capella, Aldébaran, Sirius et les Chiens de l’Ourse. Elle était très blanche et belle. En maints endroits du monde, on vit, cette nuit-là, un halo pâle qui l’encerclait. Elle devenait sensiblement plusContinuer la lecture « L’Étoile, H.G. Wells (1897) — Partie 2 »

Le premier jour de l’année nouvelle, trois observatoires signalèrent, presque simultanément, le désordre survenu dans les mouvements de Neptune, la plus éloignée des planètes qui gravitent autour du Soleil. En décembre déjà, Ogilvy avait alerté l’opinion sur un ralentissement suspect de sa vitesse. Une telle nouvelle était peu faite pour intéresser un monde ignorant majoritairement l’existence même de Neptune, si bien que, en dehors de la communauté des astronomes, la découverte ultérieure d’une faible et lointaine tache lumineuse dans la région troublée ne causa aucuneContinuer la lecture « L’Étoile, H.G. Wells (1897) — Partie 1 »

Un peu de variété n’est pas pour nuire dans une revue comme la nôtre, aussi sommes-nous heureux de pouvoir présenter aujourd’hui, à nos lecteurs, une amusante « anticipation » due à la plume de M. Tancrède de Visan, dont la personnalité est assez connue dans le monde littéraire pour qu’il nous soit inutile de le présenter à nos amis. Cette journée du 27 mai de l’an 2095 s’annonçait bonne pour Elieth. La tante Dupont venait de mourir. Ce nom de Dupont, à peine remarqué au siècle précédent, étaitContinuer la lecture « Tancrède de Visan, L’odyssée d’une robe de soie en l’an 2095 (1925) »

N’hésitons pas à publier in extenso la lettre suivante, qui nous parvient à l’instant, affranchie au moyen de timbres du plus rare septentrionalisme : « Monsieur et honoré docteur (sic), Seulement aujourd’hui, car j’habite une lointaine bourgade du Spitzberg, je prends connaissance d’une étude que vous fîtes paraître dans le Journal, et dans laquelle vous proposiez de créer un gulf-stream artificiel, en installant à la surface de la mer une longue file de ces cloches à melons, dont les effets calorifiques sont bien connus des cucurbitocoles. Curieuse coïncidence : au moment où votre remarquableContinuer la lecture « Dégelons le Pôle, Alphonse Allais (1904) »

L’astronautique est à la mode. Un jeune savant, M. Esnault-Pelleterie, consacra même à cette science nouvelle une conférence à la Sorbonne. Comme pas mal de précurseurs, M. Esnault-Pelleterie se contente d’être un doux rêveur, voire un poète, et n’exécute ses voyages interplanétaires qu’en imagination. Mais, voici qu’un ingénieur allemand prétend que la place d’un savant astronautonier n’est pas seulement « dans la Lune » mais aussi « sur la Lune ». En grand secret — il n’a guère accordé d’interviews qu’à 473 journaux quotidiens — cet ingénieur ingénieux, etContinuer la lecture « Terre-Lune aller et retour, Michel Herbert (1930) »

Les derniers décadents Conte fantaisiste Vers l’an 1950. Les derniers décadents — une douzaine environ sont réunis dans une petite pièce décorée avec un goût étrange. Extraordinaire jusqu’en sa forme, elle est ronde, entièrement ronde : tel l’intérieur d’une sphère creuse. Un somptueux velours noir, brodé de dessins fantastiques en soie blanche, tapisse entièrement la paroi. Tout en haut, éclairant à peine, brûle une lampe au magnésium qu’emprisonne un globe de verre fumé. Un divan circulaire règne en bas, où les décadents sont langoureusement étendus. SurContinuer la lecture « Les derniers décadents, Jean Lionnet (1894) »

– Virus de chien ou virus de lapin ? demanda l’illustre Triplane, la seringue à la main. Que choisissez-vous ? Chaponnet se recueillit pendant quelques secondes, cherchant à se remémorer de façon limpide et complète les avantages respectifs de l’une et l’autre méthode et à en déduire les résultats probables au mieux de ses intérêts personnels, c’est-à-dire de la satisfaction de ses goûts. « Solidité, énergie, résistance », voilà, lui avait dit le docteur, les qualités inhérentes aux toutous. « Pétulance, insatiabilité », lui promettait d’autre part la moelle du rongeur.Continuer la lecture « Oh ! Jouvence ! — Pontarcy (1898) »

Un terrible accident est arrivé tout récemment, près de Rome au cours d’expériences entreprises avec un ballon militaire. Ce ballon était amarré au moyen de cordes tenues par des soldats. Pendant le gonflement, un vent assez violent s’éleva. Les soldats avaient toutes les peines du monde à retenir l’aérostat dont la masse offrait une large prise à la bourrasque. Une rafale plus violente les força à lâcher prise et le ballon, devenu libre, partit, enlevant un des bersagliers qui avait eu la malheureuse idée deContinuer la lecture « Dramatique accident : une chute de 300 mètres ! »

Tous les dimanches, dans les colonnes d’ArchéoSF, le fameux journaliste Jean Lecoq prend la plume dans la rubrique L’œil de Lecoq ! Une rectification d’alignement du boulevard Saint-Germain, entre la rue des Carmes et la rue Saint-Jacques, va faire disparaître prochainement ce qui subsistait encore d’une vieille voie de ce quartier : la rue des Noyers. Avec elle sera détruite la maison où naquit le plus aimé des poètes : Alfred de Musset. On a cru longtemps que la famille de Musset était originaire du Barrois. Il s’yContinuer la lecture « La jeunesse d’Alfed de Musset »

Lire le cinquième épisode La profonde secousse sociale qui transformait si complètement la physionomie de la France avait eu sa répercussion dans l’Europe entière. Les peuples, incités par l’exemple de la classe ouvrière française, aspiraient à marcher sur ses traces. Mais, leur foi en la grève générale étant moins ardente, ils hésitaient à se lancer dans l’aventure. Les gouvernements, redoutant de ne pouvoir comprimer indéfiniment la poussée émancipatrice, en baissaient d’autant plus la révolution. Entre eux et le régime nouveau qui s’instaurait en France, lesContinuer la lecture « Que nous réserve la révolution de demain ? — Émile Pouget, 1909 (Partie 6) »