L’astronautique est à la mode. Un jeune savant, M. Esnault-Pelleterie, consacra même à cette science nouvelle une conférence à la Sorbonne. Comme pas mal de précurseurs, M. Esnault-Pelleterie se contente d’être un doux rêveur, voire un poète, et n’exécute ses voyages interplanétaires qu’en imagination. Mais, voici qu’un ingénieur allemand prétend que la place d’un savant astronautonier n’est pas seulement « dans la Lune » mais aussi « sur la Lune ». En grand secret — il n’a guère accordé d’interviews qu’à 473 journaux quotidiens — cet ingénieur ingénieux, etContinuer la lecture « Terre-Lune aller et retour, Michel Herbert (1930) »

Les derniers décadents Conte fantaisiste Vers l’an 1950. Les derniers décadents — une douzaine environ sont réunis dans une petite pièce décorée avec un goût étrange. Extraordinaire jusqu’en sa forme, elle est ronde, entièrement ronde : tel l’intérieur d’une sphère creuse. Un somptueux velours noir, brodé de dessins fantastiques en soie blanche, tapisse entièrement la paroi. Tout en haut, éclairant à peine, brûle une lampe au magnésium qu’emprisonne un globe de verre fumé. Un divan circulaire règne en bas, où les décadents sont langoureusement étendus. SurContinuer la lecture « Les derniers décadents, Jean Lionnet (1894) »

– Virus de chien ou virus de lapin ? demanda l’illustre Triplane, la seringue à la main. Que choisissez-vous ? Chaponnet se recueillit pendant quelques secondes, cherchant à se remémorer de façon limpide et complète les avantages respectifs de l’une et l’autre méthode et à en déduire les résultats probables au mieux de ses intérêts personnels, c’est-à-dire de la satisfaction de ses goûts. « Solidité, énergie, résistance », voilà, lui avait dit le docteur, les qualités inhérentes aux toutous. « Pétulance, insatiabilité », lui promettait d’autre part la moelle du rongeur.Continuer la lecture « Oh ! Jouvence ! — Pontarcy (1898) »

Un terrible accident est arrivé tout récemment, près de Rome au cours d’expériences entreprises avec un ballon militaire. Ce ballon était amarré au moyen de cordes tenues par des soldats. Pendant le gonflement, un vent assez violent s’éleva. Les soldats avaient toutes les peines du monde à retenir l’aérostat dont la masse offrait une large prise à la bourrasque. Une rafale plus violente les força à lâcher prise et le ballon, devenu libre, partit, enlevant un des bersagliers qui avait eu la malheureuse idée deContinuer la lecture « Dramatique accident : une chute de 300 mètres ! »

Tous les dimanches, dans les colonnes d’ArchéoSF, le fameux journaliste Jean Lecoq prend la plume dans la rubrique L’œil de Lecoq ! Une rectification d’alignement du boulevard Saint-Germain, entre la rue des Carmes et la rue Saint-Jacques, va faire disparaître prochainement ce qui subsistait encore d’une vieille voie de ce quartier : la rue des Noyers. Avec elle sera détruite la maison où naquit le plus aimé des poètes : Alfred de Musset. On a cru longtemps que la famille de Musset était originaire du Barrois. Il s’yContinuer la lecture « La jeunesse d’Alfed de Musset »

Lire le cinquième épisode La profonde secousse sociale qui transformait si complètement la physionomie de la France avait eu sa répercussion dans l’Europe entière. Les peuples, incités par l’exemple de la classe ouvrière française, aspiraient à marcher sur ses traces. Mais, leur foi en la grève générale étant moins ardente, ils hésitaient à se lancer dans l’aventure. Les gouvernements, redoutant de ne pouvoir comprimer indéfiniment la poussée émancipatrice, en baissaient d’autant plus la révolution. Entre eux et le régime nouveau qui s’instaurait en France, lesContinuer la lecture « Que nous réserve la révolution de demain ? — Émile Pouget, 1909 (Partie 6) »

Lire le quatrième épisode Après avoir promené la Révolution de la ville à la campagne, où il nous la montre installant d’emblée et partout le bien-être, M. Emile POUGET, ancien secrétaire-adjoint de la C. G. T. peut bien nous expliquer comment— l’homme étant nécessairement parfait, honnête, laborieux, affranchi de tous mauvais instincts, dès qu’il cesse d’être corrompu par les injustices sociales — le monde est devenu soudain le paradis terrestre. Nous ne nous pardonnerions pas de priver nos lecteurs d’un panorama aussi enivrant. [note deContinuer la lecture « Que nous réserve la révolution de demain ? — Émile Pouget, 1909 (Partie 5) »

Lire le troisième épisode Leurs moyens d’action étaient surtout d’ordre financier et les organismes dont ils espéraient faire le pivot de leur opposition étaient adaptés à la société capitaliste. Tant que le problème s’était limité à garantir un patron, ou même toute une industrie, contre une grève ou un soulèvement partiel, ces associations, très armées financièrement, avaient pu faire face au danger. Le cas était différent. Il fallait enrayer la désorganisation du régime. Œuvre considérable, pour laquelle ces groupements étaient d’autant plus impuissants que leur dominationContinuer la lecture « Que nous réserve la révolution de demain ? — Émile Pouget, 1909 (Partie 4) »

Lire le deuxième épisode M. Emile POUGET, ex-secrétaire adjoint de la C. G. T. et rédacteur de la « Voix du Peuple », continue avec une sérénité imperturbable son idyllique rêve de chambardement. Dans son premier article il a eu la bonne grâce de nous montrer avec quelle facilité, comme un fruit trop mûr, tombera la Société « Bourgeoise ». Et ses prophéties ne furent pas sans amuser nos lecteurs. Aujourd’hui il nous montre — toujours d’après sa propre imagination — comment le nouvel état social, improvisé dans lesContinuer la lecture « Que nous réserve la révolution de demain ? — Émile Pouget, 1909 (Partie 3) »

Lire le premier épisode La paralysie sociale commence. La grève des postes, le sommeil de l’admirable système nerveux que sont le télégraphe et le téléphone a enrayé d’abord la vie financière ; les affairistes de la Bourse, les banques, les maisons de crédit ont perdu des millions. Aux premiers jours, quand la grève était limitée aux postiers, ils ont, plus mal que bien, organisé des services postaux particuliers. Mais les difficultés se sont multipliées avec le développement de la crise, qu’ils avaient supportée d’abord avec assezContinuer la lecture « Que nous réserve la révolution de demain ? — Émile Pouget, 1909 (Partie 2) »