La République qui vient de disparaître dans une catastrophe qui coûta la vie au Capitaine Marchal, au lieutenant Chauré et aux adjudants Vincenot et Réau, était du type des dirigeables militaires construits par MM. Lebaudy dans leurs ateliers de Moisson. Frère jumeau de la Patrie qui naguère fût, aux environs de Verdun, emportée par un coup de vent, la République était en service depuis le 14 juillet dernier. On se rappelle combien, à la revue de Longchamp, furent admirées ce jour-là l’aisance et la majestéContinuer la lecture « La catastrophe du dirigeable République »

J’ai un ami, je pourrais en avoir deux ; son nom, je l’ignore, sa demeure, je ne la soupçonne pas. Perche-t-il sur un arbre ? se terre-t-il dans une carrière abandonnée ? Nous autres de la Bohème, nous ne sommes pas curieux, et je n’ai jamais pris le moindre renseignement sur lui. Je le rencontre de loin en loin, dans des endroits invraisemblables, par des temps impossibles. Suivant l’usage des romanciers à la mode, je devrais vous donner le signalement de cet ami inconnu ; je présume que son passeportContinuer la lecture « Théophile Gautier — Une visite nocturne (1843) »

I Alors, voici ce que dit le Voyant : Depuis douze siècles, Paris s’élargissait au pied de cette tour de métal, qui demeurait presque le seul vestige de l’ancienne ville et qu’une tradition très ancienne faisait nommer la tour Eiffel, sans qu’on sût au juste d’où lui venait ce nom, les archéologues n’ayant pu se mettre absolument d’accord à ce sujet. La ville était immense, abritant dans ses maisons à dix étages, couronnées de vastes terrasses, une population de six millions d’âmes. Sa prospérité était grande,Continuer la lecture « La mort de Paris — Louis Gallet (1892) »

  M. Thomas, chef de la Sûreté, était dans son cabinet, fort perplexe. Les deux coudes sur son bureau, et la tête entre ses deux mains, il songeait. Ah ça ! est-ce que ça allait durer encore longtemps, cette malchance, et les assassins n’auraient-ils pas bientôt fini de se jouer de lui ? Parole d’honneur, on aurait dit qu’ils le faisaient exprès ! Huit assassinats de suite, et des vrais, des gros, des crimes de fort calibre, de ces beaux crimes qui peuplent de visions horrifiques les rêves desContinuer la lecture « Le Photographe — Joseph Montet »

Retrouvez la très intéressante présentation que fait Jean-Luc Boutel sur son site incontournable autour de la thématique de l’horreur végétale chez Georges Rouvray, et qui nous offrait Paris envahi par un fléau inconnu. Voici un autre de ces textes, intitulé Les Fleurs de la mort. Nous avions par ailleurs déjà publié Un enlèvement en aérocar, du même auteur. —— J’avais fait la connaissance de Gilbert Sandrin, il y a bien des années, dix ou douze pour le moins, en revenant d’un voyage que je venais de faireContinuer la lecture « Les fleurs de la mort — Georges Rouvray »

Mellonta Tauta (Ce qui doit arriver) « À bord du Ballon l’Alouette, » (1 avril, 2848)   Il faut aujourd’hui, mon cher ami, que vous subissiez, pour vos péchés, le supplice d’un long bavardage. Je vous déclare nettement que je vais vous punir de toutes vos impertinences, en me faisant aussi ennuyeux, aussi décousu, aussi incohérent, aussi insupportable que possible. Me voilà donc encaqué dans un sale ballon, avec une centaine ou deux de passagers appartenant à la canaille, tous engagés dans une partie de plaisir (quelle bouffonneContinuer la lecture « Edgar Allan Poe, Mellonta Tauta (1849) »