Pendant une dizaine de siècles, tout ira de mieux en mieux. L’industrie surtout marchera à pas de géant. On commencera d’abord par épuiser tous les gisements de houille ; puis toutes les sources de pétrole ; puis on abattra toutes les forêts ; puis on brûlera directement l’oxygène de l’air et l’hydrogène de l’eau. A ce moment-là il y aura sur la surface du globe environ un milliard de machines à vapeur de mille chevaux en moyenne, soit mille milliard de chevaux-vapeur fonctionnant nuit et jour. Tout travailContinuer la lecture « La fin du monde, Mérinos (Eugène Mouton), 1872 | Partie 2 »

Et le monde finira par le feu De toutes les questions qui intéressent l’homme, il n’en est pas de plus digne de ses recherches que celle des destinées de la planète qu’il habite. La géologie et l’histoire nous ont appris bien des choses sur le passé de la Terre : nous savons au juste, à quelques millions de siècles près, l’âge de notre globe ; nous savons dans quel ordre les développements de la vie se sont progressivement manifestés et propagés à sa surface ; nous savons àContinuer la lecture « La fin du monde, Mérinos (Eugène Mouton), 1872 | Partie 1 »

Cette nuit-là, l’étoile se leva plus tard, car son mouvement vers l’est l’avait quelque peu entraînée du Lion vers la Vierge, et son éclat était si intense que le ciel prit une teinte d’un bleu lumineux à mesure qu’elle se levait, et les planètes s’effacèrent tour à tour, sauf Jupiter près du zénith, Capella, Aldébaran, Sirius et les Chiens de l’Ourse. Elle était très blanche et belle. En maints endroits du monde, on vit, cette nuit-là, un halo pâle qui l’encerclait. Elle devenait sensiblement plusContinuer la lecture « L’Étoile, H.G. Wells (1897) — Partie 2 »

Le premier jour de l’année nouvelle, trois observatoires signalèrent, presque simultanément, le désordre survenu dans les mouvements de Neptune, la plus éloignée des planètes qui gravitent autour du Soleil. En décembre déjà, Ogilvy avait alerté l’opinion sur un ralentissement suspect de sa vitesse. Une telle nouvelle était peu faite pour intéresser un monde ignorant majoritairement l’existence même de Neptune, si bien que, en dehors de la communauté des astronomes, la découverte ultérieure d’une faible et lointaine tache lumineuse dans la région troublée ne causa aucuneContinuer la lecture « L’Étoile, H.G. Wells (1897) — Partie 1 »

Un peu de variété n’est pas pour nuire dans une revue comme la nôtre, aussi sommes-nous heureux de pouvoir présenter aujourd’hui, à nos lecteurs, une amusante « anticipation » due à la plume de M. Tancrède de Visan, dont la personnalité est assez connue dans le monde littéraire pour qu’il nous soit inutile de le présenter à nos amis. Cette journée du 27 mai de l’an 2095 s’annonçait bonne pour Elieth. La tante Dupont venait de mourir. Ce nom de Dupont, à peine remarqué au siècle précédent, étaitContinuer la lecture « Tancrède de Visan, L’odyssée d’une robe de soie en l’an 2095 (1925) »

N’hésitons pas à publier in extenso la lettre suivante, qui nous parvient à l’instant, affranchie au moyen de timbres du plus rare septentrionalisme : « Monsieur et honoré docteur (sic), Seulement aujourd’hui, car j’habite une lointaine bourgade du Spitzberg, je prends connaissance d’une étude que vous fîtes paraître dans le Journal, et dans laquelle vous proposiez de créer un gulf-stream artificiel, en installant à la surface de la mer une longue file de ces cloches à melons, dont les effets calorifiques sont bien connus des cucurbitocoles. Curieuse coïncidence : au moment où votre remarquableContinuer la lecture « Dégelons le Pôle, Alphonse Allais (1904) »

L’astronautique est à la mode. Un jeune savant, M. Esnault-Pelleterie, consacra même à cette science nouvelle une conférence à la Sorbonne. Comme pas mal de précurseurs, M. Esnault-Pelleterie se contente d’être un doux rêveur, voire un poète, et n’exécute ses voyages interplanétaires qu’en imagination. Mais, voici qu’un ingénieur allemand prétend que la place d’un savant astronautonier n’est pas seulement « dans la Lune » mais aussi « sur la Lune ». En grand secret — il n’a guère accordé d’interviews qu’à 473 journaux quotidiens — cet ingénieur ingénieux, etContinuer la lecture « Terre-Lune aller et retour, Michel Herbert (1930) »

Les derniers décadents Conte fantaisiste Vers l’an 1950. Les derniers décadents — une douzaine environ sont réunis dans une petite pièce décorée avec un goût étrange. Extraordinaire jusqu’en sa forme, elle est ronde, entièrement ronde : tel l’intérieur d’une sphère creuse. Un somptueux velours noir, brodé de dessins fantastiques en soie blanche, tapisse entièrement la paroi. Tout en haut, éclairant à peine, brûle une lampe au magnésium qu’emprisonne un globe de verre fumé. Un divan circulaire règne en bas, où les décadents sont langoureusement étendus. SurContinuer la lecture « Les derniers décadents, Jean Lionnet (1894) »

– Virus de chien ou virus de lapin ? demanda l’illustre Triplane, la seringue à la main. Que choisissez-vous ? Chaponnet se recueillit pendant quelques secondes, cherchant à se remémorer de façon limpide et complète les avantages respectifs de l’une et l’autre méthode et à en déduire les résultats probables au mieux de ses intérêts personnels, c’est-à-dire de la satisfaction de ses goûts. « Solidité, énergie, résistance », voilà, lui avait dit le docteur, les qualités inhérentes aux toutous. « Pétulance, insatiabilité », lui promettait d’autre part la moelle du rongeur.Continuer la lecture « Oh ! Jouvence ! — Pontarcy (1898) »

M. Lambre se faisait les ongles, quand on frappa. — Entrez ! dit le directeur de la société connue sous le nom : « Les grandes recherches interplanétaires ». Un jeune homme parut. Un moins de trente ans, mais sans morgue, qui portait un visage timide, des yeux effarés et dont la barbe en forme de forêt – la forêt noire – dissimulait mal son trouble. — Vous avez à me parler ? demanda M. Lambre à son chef de service. — Non, répondit l’arrivant, qui se reprit, s’écriant : —Continuer la lecture «  Le voyage dans la lune, Gaston Picard (1930) »