Le monde dans cent ans (1854)

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Le monde dans cent ans

 

Air : C’est en forgeant qu’on devient forgeron

 

Beaucoup trop tôt nous sommes de ce monde,

Vraiment, trop tôt, mes chers contemporains !

Et j’en éprouve une douleur profonde ,

Car l’univers marche à de grands destins.

Il existait encore des barrières

Que franchiront les arts et les talents :

C’est dans cent ans seulement que nos pères

Devaient penser à faire leurs enfants.

 

Indolemment, sans plaisir et sans gloire,

Nous végétons comme ont fait nos aïeux ;

Ah ! disons-le, stupide est notre histoire,

Et nous devons certes désirer mieux ;

Mais en songeant que des flots de lumières ,

Inonderont nos heureux descendants :

C’est, etc. !

 

Car il est vrai que bientôt sur le globe

Tout va changer, tout va se rajeunir ;

Regardez-le, jetant sa vieille robe,

Et du passé perdant le souvenir,

Répudier les hommes ordinaires

Et recréer la race des géants :

C’est, etc. !

 

L’éloignement, l’espace et la distance

Disparaîtront ; tout doit se rapprocher ;

On dinera tranquillement en France,

En Chine sûr d’arriver pour coucher.

On passera sur les deux hémisphères,

Comme on va de Paris à Longchamps.

C’est, etc.

 

L’orthopédie et l’homœapatie

Détrôneront la vieille faculté

Et bien mieux qu’elle assureront la vie

Que nous devra notre postérité.

Exempts de maux, de soucis, de misères,

Si non toujours, nos fils vivront longtemps :

C’est,  etc.

 

Rendu parfait, le daguerréotype

À ses tableaux donnera la couleur,

Et non moins bon divinateur qu’Oedipe

On peut prédire une ère de grandeur.

Il est encor tant d’importants mystères

Que dans sa marche éclaircira le temps :

C’est,  etc.

 

Mais quand viendront ces brillantes conquêtes

Qui donneront au monde un autre essor,

La neige, hélas ! aura blanchi nos têtes

Et décrépits comme le vieux Nestor,

Pauvres mortels, nous clorons les paupières

Pour aller où ? qu’en dites-vous savants,

Ne laissons pas dire à nos fils : nos pères

Ont de cent ans trop tôt fait leurs enfants.

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Le chansonnier des joyeuses sociétés : recueil de tout ce qu’il y a de plus gai en chansons pour rire et s’amuser dans les bonnes et meilleures compagnies, comme repas, festin, réunions etc. , Editions Le Bailly, 1854

[divider style= »dotted » height= »40px » ] [button link= »http://archeosf.publie.net/archive/news/nouveaute-une-anthologie-des-paris-du-futur/ » round= »yes » size= »normal » color= »red » flat= »no » ]Lire également Paris Futurs : une anthologie[/button] [divider style= »dotted » height= »40px » ]

On ne s’en lasse pas : la France de l’an 2000 imaginée par Jean-Marc Coté et d’autres artistes au début du vingtième siècle. À retrouver sur Wikimedia Commons en totalité.

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Roxane Lecomte
Plus connue sur la toile sous le nom de La Dame au Chapal, co-fondatrice du studio ebook Chapal&Panoz, arrivée chez Publie.net fin 2011, est responsable de la fabrication papier et numérique, du graphisme et des sites, est passionnée de littérature populaire et d'albums jeunesse, est en perpétuelle vadrouille, et ne cesse de répéter aux guerriers du papier et du numérique : « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ». On la retrouve sur son site.

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