Nira — Australe mystérieuse ou Les Deux Reines du pôle / 2

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II

Un film étrange

Pendant que l’aviateur ratait ainsi pour la seconde fois sa demande en mariage, Chamayou examinait les vues du pôle Sud prises par son appareil automatique. Il semblait qu’une fièvre subite se fût emparée de lui : il se levait brusquement, gesticulait comme un fou, revenait s’asseoir devant ses révélateurs spéciaux, prenait une section de bande, toujours la même, la regardait avec une attention passionnée en donnant tous les signes de l’ahurissement le plus complet, puis se remettait à marcher à grands pas.

Brusquement, il n’y tint plus, et, sortant de son laboratoire avec la hâte d’un voleur qui fuit la maison cambriolée, Chamayou, tête nue et en pantoufles, se précipita dans la rue, héla un taxi et jeta une adresse :

Rue de la Boétie, 78 !

Là, il sortit de voiture en catapulte, jeta tout courant un ordre au chauffeur : « Attendez ! » et monta l’escalier quatre à quatre. Au deuxième étage, il sonna d’une main impatiente : on voyait bien qu’il avait envie d’enfoncer la porte, où une plaque de cuivre indiquait que le docteur Corneloup donnait ses consultations les mardi et vendredi, de deux à cinq !

Enfin la porte s’ouvrit, et Chamayou cria au valet de chambre :

Vite ! Baptiste ! Le docteur est-il chez lui ?

Sans attendre la réponse, il suivit ou plutôt devança Baptiste dans le cabinet où l’illustre docteur Corneloup, de l’Académie de médecine, mettait ses notes à jour, une fois les consultations terminées. Chamayou bondit littéralement sur lui, les mains tendues :

Ah ! que je suis content de te trouver chez toi !… Tu sais, vieux, je t’emmène !… Tu es prêt ? Filons, j’ai une voiture en bas !

Le docteur, voyant que son ami Chamayou était en pantoufles, sans chapeau et sans cravate, jugea que le cas devait être grave. Il se leva, disant :

Le temps de prendre ma trousse, et je descends !

Pas la peine ! clama Chamayou.

Il poussa Corneloup dans l’antichambre, puis dans l’escalier, puis dans la voiture.

Mais enfin, demanda le docteur, donne-moi quelques détails !… De quoi s’agit-il ?

Chamayou fit cette réponse imprévue et placide :

Il s’agit du pôle Sud !

Hein? C’est bien la première fois qu’on me dérange pour un client de cette espèce !

Et, stupéfait, le docteur ajouta d’un ton un peu pincé :

Est-ce que tu te fiches de moi ?

Non, non ! Écoute avant de te fâcher !… Le pôle Sud n’est pas malade, assurément! Mais, si je t’enlève, c’est pour procéder avec toi à un examen soigné de ce client, comme tu dis !… J’ai peur de ne pas y arriver tout seul !…

Ah ça ! tu vas parler clairement, ou je te tire ma révérence !

Doucement ! Comme tu es irascible !… Eh bien, voilà ! Tu te souviens que je t’ai entretenu d’une invention à moi : un appareil automatique de prises de vues ? Tu sais que Travel vient de survoler toute la zone antarctique ? J’ai confié mon appareil à Travel, et il m’a rapporté de quoi faire un film, je t’en réponds !… Attends ! attends !… tu ne peux pas deviner !…

Mais si ! des paysages polaires: neiges, glaciers, phoques et pingouins ! C’est archi-connu depuis Scott et Shackleton !

J’aurais dit comme toi ce matin ! Seulement, quand j’ai commencé à « lire » le cliché que je venais de développer — tu par quel procédé de redressement des plans? —sais-tu ce que j’ai découvert ? Des glaciers affreux qui limitent une dépression profonde… un cirque, si tu veux, mais immense ! Et, dans ce cirque, des arbres ! des arbres géants ! Une vie végétale intense !… Tu trouves que cela ne vaut pas la peine de t’avoir dérangé ?

Je trouve que tu es la dupe d’une fameuse illusion !

Chamayou était un savant honnête. Il s’écria :

C’est- justement ce que je me suis dit ! Je me suis trouvé vraiment en face de l’invraisemblable !… Alors, tu comprends ? j’ai interrompu mon examen pour courir chez toi !… J’avais hâte de te voir, de te ramener. Qu’est-ce que ce film va nous révéler encore ? Car on peut tout supposer!… Tout!…

Même ceci : que tu t’es trompé !

Soit ! Mais, à nous deux, nous verrons clair !… Et si je trompais pas? Si… Ah ! nous arrivons ! Montons vite !

Deux heures après, dans le studio de Chamayou, les deux amis commençaient de tourner au ralenti un film prodigieux. Corneloup n’était plus sceptique; le professeur n’était plus hésitant : Il fallait s’incliner devant l’évidence ; le document rapporté par Travel ne pouvait mentir, puisque son truquage, à aucun moment, n’eût été possible.

Et voici ce qu’ils voyaient passer sur l’écran :

D’abord, le paysage polaire en quelque sorte classique, avec ses terres désolées, où tout semble dormir du sommeil de la mort. Puis une zone de tempêtes déchaînées que l’avion de Tarvel avait traversées pourtant. Tourbillons de neige, remous des ouragans, furie inconcevable des éléments : l’appareil de prises de vues, impassible, en avait dérobé le mouvement et la fureur. Puis c’était la zone des glaciers qui semblait monter à l’escalade du ciel morne et dont les aiguilles, pareilles à des clochers de cathédrales démesurées, défiaient l’effort humain incapable de les atteindre.

Et la muraille de glace s’arrêtait brusquement, le regard tombait à pic dans un abîme effrayant : quelque chose comme une vaste crevasse de quatre mille mètres de profondeur ! Mais ce n’était pas une simple crevasse : le fond de l’abîme, délivré de l’étreinte des glaciers, se relevait insensiblement. Une vallée naissait, aux ondulations d’abord légères, puis de plus en plus accusées. Et le miracle se produisit : des traces de végétation apparurent, puis des arbres aux troncs énormes, à la ramure étrange, barrèrent soudain l’horizon.

Chamayou cessa de tourner :

Attention ! dit-il. C’est ici que j’ai interrompu mon examen pour courir chez toi !… Je n’arrivais pas à identifier ces arbres… Es-tu plus savant que moi ?

Non ! Tout ce que je puis dire, c’est qu’ils semblent n’appartenir à aucune espèce connue. Il faudrait demander à notre ami Jourdedieu ! Lui, il sait les noms de tous les animaux et de tous les végétaux de la terre… Allons, reprends ta manivelle !… j’ai hâte de voir la suite !

Croirais-tu ? avoua Chamayou : le coeur me bat ! Est-ce assez bête ! Qu’est-ce qui va apparaître, maintenant ?

Il tourna. L’écran montra une forêt de plus en plus épaisse ; puis les essences forestières se rapprochaient davantage des types équatoriaux connus : une frondaison luxuriante s’épanouissait partout, et beaucoup d’arbres étaient chargés de fleurs géantes. Par instants, dominant la forêt, on apercevait la ligne des glaciers qui bornaient de tous côtés l’oasis, où jaillissait une vie mystérieuse et puissante.

Enfin, la forêt s’éclaircit. Une série de clairières laissa voir le ruban d’un fleuve au cours capricieux et lent, qui s’étala bientôt dans une adorable vallée. Des embarcations d’une forme inusitée sillonnaient les eaux calmes. Sur les rives, on n’en pouvait douter, il y avait des jardins soigneusement cultivés et des vergers pleins de fruits, qui mettaient une note éclatante dans ce paisible décor.

Un paradis ! soupira Chamayou.

Mais est-il habité ? demanda Corneloup d’une voix où tremblait l’angoisse du chercheur au bord de la découverte.

La réponse à sa question fut sans retard apportée par l’écran. Une longue théorie d’êtres humains défila, suivant une rive du fleuve pour tourner ensuite à droite, à travers de merveilleux jardins. Ils marchaient d’un pas rapide, formés en colonne, sans tourner la tête ni se laisser distraire par rien. Ils allaient vers un but précis, mais lequel ? Tous étaient pareillement habillés de vêtements légers, collés au corps, accusant les formes. Tous avaient les cheveux coupés court, mais cependant, Corneloup l’aurait juré, de nombreuses femmes, jeunes, unes, robustes, aux corps superbes, se trouvaient confondues parmi les hommes dans cette procession brusquement apparue.

Chamayou, lui, étudiait avidement les visages, comme s’il avait pu surprendre les pensées de ces vivants que l’œil d’un civilisé voyait pour la première fois. Leur physionomie était calme, mélancolique et douce ; ils se dirigeaient, comme résignés, vers une tâche imposée par une volonté supérieure.

Scientifique, Corneloup affirma :

Ce sont des blonds brachycéphales !

Sentimental, Chomayou compléta :

Ce sont des opprimés !

Mais opprimés par qui ou par quoi ? Ils habitaient un paradis, et ce paradis était une prison ! Sans doute, ils devinaient le vaste monde derrière le mur sinistre des glaciers ? Ah! les rejoindre, les délivrer, les restituer au torrent humain, quelle tâche enivrante !

Il faudrait d’abord savoir d’où ils viennent, ce qu’ils sont et ce qu’ils veulent ! observa Corneloup habitué à ne jamais tabler sur l’incertain.

Chamayou ne répliqua point, sa curiosité étant sollicitée par d’autres tableaux. Des constructions bizarres apparaissaient, évidemment faites de main d’homme. C’étaient des agglomérations d’énormes sphères, de cinq ou six mètres de diamètre pour la plupart, percées d’ouvertures capricieusement disposées.

Leurs maisons ! cria Corneloup.

Quoi ? des maisons sphériques ?

Pourquoi pas ? L’architecte Ledoux les a bien inventées en France, au début du XIXe siècle.

Mais il ne les a jamais construites !

La belle raison ! En tout cas, regarde : ce sont bien des maisons avec leurs portes et leurs fenêtres… Regarde ! Cela suppose une population très importante d’autant plus que nous ne voyons pas tout ! Regarde !… Regarde ! En voici qui sortent de chez eux ! D’autres y rentrent !… Une femme escorte des enfants !

C’est drôle ! dit Chamayou : on ne voit pas un vieillard !

Le décor se modifia encore. Les agglomérations de bâtisses devinrent plus denses et des constructions à toits plats se multiplièrent sur des points déterminés. Ce n’étaient certainement plus des maisons individuelles, mais des magasins, des ateliers, des usines où des techniques inconnues étaient appliquées. Aucune présence humaine ne se révélait autour de ces vastes établissements qu’il fallait bien qualifier d’industriels, quoiqu’il fût difficile de concevoir qu’une peuplade isolée dans les solitudes polaires pût créer une industrie.

Pourtant les bâtisses aux toits plats, éclairées par de larges baies bordaient par endroits des rues spacieuses, où se trouvaient rassemblés des véhicules nombreux assez semblables à des camions automobiles, sans qu’il fût possible, toutefois, de deviner les moyens de traction employés.

Cornelou murmura, stupéfait :

Ils sont peut-être plus civilisés que nous ! En tout cas, ils le sont autrement !…

Auraient-ils trouvé mieux que le moteur à explosion ?

Mais Chamayou tournait toujours, et, soudain, le surnaturel ou plutôt le trouble et l’inquiétant, que le docteur avait bannis de son enquête, firent une rentrée imprévue dans le champ de l’écran.

Les constructions « industrielles » disparurent, le sol devint montueux et aride, des massifs montagneux aboutirent à un vaste plateau tout éclaboussé de soleil. Dans la lumière crue se détachait hait non pas une ville, mais une cité fortifiée, qu’entouraient de hauts murs d’enceinte, coupés de tours et d’observatoires. Du moins Corneloup jugea qu’il en devait être ainsi bien qu’il n’y eût, au sommet des tours, aucune ouverture, aucune lucarne, pas la moindre fissure qui pût laisser passer un regard.

Les rues paraissaient désertes ; les maisons, dont la hauteur égalait à peu près trois de nos étages d’Europe, ne portaient d’autre ouverture qu’une sorte de double porte. Pas de fenêtres, pas de terrasses ; la pente légère des toits recouvertes de dalles rouges reposait sur des murs pleins. Les demeures, vues du dehors, étaient donc masquées. Cachaient-elles des cours intérieures où s’épanouissait la vie secrète des habitants ?

Tout a coup, l’écran montra une vaste place bordée de ce qu’il fallait appeler des monuments et des palais, malgré la bizarrerie de leur architecture. Ces constructions colossales, surmontées de dômes et de clochers, dont le film faisait deviner les couleurs éclatantes, étaient pourvues de baies et de fenêtres à profusion.

Ah ! dit Chamayou enthousiaste, qu’est-ce qu’ils vont dire nos décorateurs, quand ils verront cela !

Ça rime à quoi ? riposta Corneloup toujours positif. Probablement, on loge là dedans les services administratifs.

Pourquoi veux-tu que ces braves gens aient une administration ? Ils sont bien trop artistes ! Je te dis qu’ils ont là leurs temples, le palais de leur roi et leurs bibliothèques !…

Corneloup bondit :

Tu crois qu’ils connaissent l’imprimerie et qu’ils fabriquent du papier ?

Ils en sont capables ! fit Chamayou péremptoire. Et, s’ils ne le font pas, c’est qu’ils ont trouvé mieux !

Et quoi donc ?

Quoi donc ? Mais tout simplement la machine à rendre les pensées visibles ! Avec ça, on peut se dispenser d’écrire un chef-d’œuvre ! Il n’y a qu’à le concevoir !

Corneloup haussa les épaules.

Tu es incorrigible ! s’écria-t-il. En attendant, on ne voit âme qui vive dans cette ville de penseurs !

Chamayou reprit la manivelle.

Tiens ! dit-il, attrape ! Les voilà qui arrivent !

En effet, une foule pressée et gesticulante refluait vers la place ! Ils couraient en levant les bras, et, certes, leur agitation devait être bruyante.

Ceux-là ne sont pas pareils aux autres ! observa Corneloup. Arrête un peu, qu’on les étudie de près.

« Ceux-là », comme disait le docteur, étaient plus grands, plus élancés que les premiers types humains entrevus. Ils portaient de longs vêtements flottants ; leurs cheveux très noirs et bouclés tombaient jusqu’aux épaules ; avec leur courte barbe frisée, on eût dit des Assyriens détachés d’une frise antique.

Bon ! murmura Corneloup, cela fait deux races : des bruns dolichocéphales, des blonds à tête carrée ; cheveux longs, cheveux courts ; vêtements collants, vêtements amples ; hommes de la cité haut perchée, hommes de la vallée aux beaux jardins : contraste partout ! Que diable cela peut-il signifier ?

Il n’y a qu’un moyen de le savoir !

C’est à-dire d’y aller ?

Parbleu !

Eh bien ! nous irons ! Continue, Chamayou !

Le film montra une série interminable d’escaliers, grimpant en pente raide vers le point culminant du plateau rocheux qui formait la principale assise de la cité. Puis un jardin apparut : les glaciers infranchissables se profilèrent, dans une lumière. Mais ni Chamayou ni le docteur n’étaient sollicités par ce paysage sublime : leurs yeux ne quittaient pas un personnage qui se promenait lentement dans une allée. Lui aussi avait les cheveux noirs et bouclés, la barbe courte et frisée, un nez aquilin mince et fin ; une tunique blanche l’enveloppait jusqu’aux chevilles, et il s’appuyait en marchant sur une longue canne dont le pommeau parut à Corneloup serti de pierres précieuses énormes.

Soudain, le personnage interrompit sa promenade solitaire et eut un geste de vive surprise. Il leva la tête et sembla scruter attentivement les profondeurs célestes. Puis, se tournant à demi, il se trouva placé en face de Chamayou et du docteur. Ceux-ci eurent l’impression aiguë que l’inconnu les regardait : un sourire, dans lequel il était impossible de ne pas reconnaître une expression d’indicible mépris, retroussa ses lèvres, et son regard se fit si pesant, si cruel, si dominateur que dans leur studio parisien, les deux amis connurent le frisson des craintes irraisonnées.

Puis la vision disparut, remplacée par celle d’une plaine cultivée et que traversait le fleuve déjà aperçu. Tout à coup, comme sous la baguette du sorcier, le beau fleuve s’évanouit : à la place des rives aux végétations puissantes, il n’y eut plus rie des terres nues et désolées, précédant le massif cyclopéen des glaciers ! Et ce fut la nuit : le film étrange avait révélé ses trésors sans découvrir son secret. Le voyage au pôle était fini !

Tu as vu ! dit Chamayou, tu as vu le « type » du jardin !

Oui ! répliqua lentement Corneloup, je l’ai vu ! Je crois que si nous allons là-bas, il faudra nous arranger pour ne pas tomber sous ses griffes !

Tu as raison ! Hein ? Comme il nous défiait ! Il avait l’air de nous dire : « Venez-y donc ! » Eh bien ! nous irons ! Il ne sera pas dit que j’aurai reculé devant un sauvage !…

Allons, te voilà parti ! D’abord, il ne t’a pas défié ! Il ne nous a pas vus ! Il ignore absolument ton existence ! et la mienne !… Voyons tu es absurde !… Ensuite, dis-toi bien que ce n’est pas un sauvage !

Qu’est-ce donc alors ?

Je n’en sais rien !… Mais…

Mais ?…

Mais c’est vrai qu’il a des yeux effrayants !

Tu vois bien que tu déraisonnes comme moi !

Pas du tout ! Je m’en tiens à ce que je vois sans me perdre dans les hypothèses ! As-tu remarqué des détails singuliers ?

Lesquels ?

Nous n’avons aperçu aucun vieillard ! Autre chose : nous n’avons vu aucun animal, aucun oiseau ! Rien nulle part, ni dans la forêt ni dans la plaine !

La forêt est trop profonde !… Elle cache ses habitants !

Soit ! Mais pas une seule bête emplumée dans ces arbres superbes ? Note que la température doit être fort douce dans le cirque, malgré les glaciers !

C’est évident ! Les humains qui s’y trouvent ont l’air assez peu vêtus !

Si peu que ce soit, ils le sont ! Comment y arrivent- ils ? Pas d’animaux, cela veut dire ni poils ni laines à tisser !

Ils ont des plantes textiles !…

Qu’en sais-tu ? Que savons-nous vraiment sur ces gens-là ? Rien ! je te dis : rien ! Leur mystère reste entier !

Ah ! du moins, tu ne nieras plus qu’ils existent ! Et tu ne m’en voudras pas de t’avoir dérangé ?

Fichtre non ! s’écria Corneloup en tendant la main à son ami. Mais je sais bien que je ne retrouverai pas un sommeil paisible avant d’y être allé. Quand partons-nous ?

Pas si vite ! Mettons-nous bien d’accord ! Es-tu d’avis que nous ne parlions à personne de ce que nous avons vu ici sauf quand nous serons revenus de notre expédition ? Réfléchis bien !

C’est tout réfléchi ! Si nous parlons, nous aurons sur le dos la moitié au moins du genre humain ! Les uns voudront nous accompagner ; d’autres voudront nous retarder ; d’autres sauraient nous devancer ! Non ! non ! pas de ça ! Nous irons fort bien tout seuls. N’est-ce pas ton avis ?

Plutôt mille fois qu’une ! C’est donc entendu. Dès demain je vais voir Travel. Je le mets au courant : c’est bien le moins. Et, dans huit jours, nous serons en route pour le Sud. pendant que les curieux nous chercheront dans l’Alaska ou dans l’Afrique centrale !…

À un moment, on frappa à la porte du studio. La vieille bonne de Chamayou apportait les journaux à son maître. Corneloup les déplia, et, tout aussitôt, poussa un juron énergique.

Qu’est-ce ? demanda Chamayou indifférent aux nouvelles politiques. Le ministère est renversé ?

Regarde !

Le professeur jeta les yeux à son tour sur une manchette de première page. Elle était ainsi conçue :

Roxane Lecomte
Plus connue sur la toile sous le nom de La Dame au Chapal, co-fondatrice du studio ebook Chapal&Panoz, arrivée chez Publie.net fin 2011, est responsable de la fabrication papier et numérique, du graphisme et des sites, est passionnée de littérature populaire et d'albums jeunesse, est en perpétuelle vadrouille, et ne cesse de répéter aux guerriers du papier et du numérique : « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ». On la retrouve sur son site.

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