En pénétrant, Alain et moi, sur le quai de la gare de Chamonix, nous fûmes émerveillés : le soleil, jouant comme avec un réseau sur le fin solénoïde noyé dans les tubes en plastec transparent où se mouvaient les cars magnétiques, y faisait naître des myriades de petits arcs-en-ciel du plus ravissant effet. De minute en minute, les cars avalaient ou dégorgeaient des cargaisons de touristes. Nous prîmes place dans un des cars de luxe réservés aux alpinistes d’élite et attendîmes le départ. * *     * EnContinuer la lecture « Une course en 1998 — Marcel Renaudie (1946) »

On parlait des rêves. — Les uns disaient que ce sont des mensonges, des excitations du cerveau, surmené le jour ; d’autres penchaient pour des ressouvenirs d’existences passées. Antonin affirma que les derniers avaient raison ; que lui, non seulement. revivait en rêve ses avatars antérieurs, mais qu’il lui était parfois donné de prendre un avant-goût des existences qu’il avait à fournir encore. Les boutades amusantes d’Antonin faisant prime dans nos petits cénacles d’amis, nous nous empressâmes de pousser des hurlements d’incrédulité, à seule fin de mettreContinuer la lecture « Le rêve d’Antonin — Octave Pradels, 1907 »

[En 1893, Paul Giniety imagine une suite au célèbre roman d’Edmond About L’Homme à l’oreille cassée publié en 1862. Il en reprend les protagonistes pour imaginer le monde dans un siècle… un monde utopique.] Comme le bon colonel Fougas, après toutes les émotions qu’il avait éprouvées en se trouvant tout à coup, au sortir de sa merveilleuse léthargie, transporté, lui, le héros de 1813, au Gymnase, en plein Paris de 1893, se sentait très fatigué, il demanda la permission de faire un somme. L’homme àContinuer la lecture « Chronique de 1893 : la suite de L’Homme à l’oreille cassée — Paul Giniety »

  René d’Anjou (pseudonyme de Mme R.M. Gouraud D’Ablancourt, 1845 — 1941), « La vie d’une mondaine en 1997. Nouvelle fantaisie inédite  » in La Jeune mère ou l’éducation du premier âge. Journal illustré de l’enfance, n°289, 1897   — John, chauffez mon coupé. Cet ordre donné, la jolie, comtesse ou baronne etc. — toutes les femmes sont jolies et toutes sont titrées à cette époque — met la main sur un bouton de cristal, visible dans une boiserie de son cabinet de toilette. Une armoireContinuer la lecture « René d’Anjou — La vie d’une mondaine en 1997, (1897) »

  Georges Renard (1847 – 1930) Notre époque vue de l’an 3000 in Revue Demain n° 88, 9ème année, janvier – février – mars 1921, p 4-6   Vers l’an 3000, quelque historien chinois ou hindou, s’occu­pant à étudier notre époque, pourra écrire à peu près ceci : « En ce temps-là, l’Europe était encore à demi sauvage. Elle était divisée, et le reste du monde avec elle, en barbares et en civilisés. « Les barbares avaient trouvé moyen de déshonorer la guerre, en la rendant atroce, etContinuer la lecture « Georges Renard — Notre époque vue de l’an 3000, (1921) »

Mellonta Tauta (Ce qui doit arriver) « À bord du Ballon l’Alouette, » (1 avril, 2848)   Il faut aujourd’hui, mon cher ami, que vous subissiez, pour vos péchés, le supplice d’un long bavardage. Je vous déclare nettement que je vais vous punir de toutes vos impertinences, en me faisant aussi ennuyeux, aussi décousu, aussi incohérent, aussi insupportable que possible. Me voilà donc encaqué dans un sale ballon, avec une centaine ou deux de passagers appartenant à la canaille, tous engagés dans une partie de plaisir (quelle bouffonneContinuer la lecture « Edgar Allan Poe, Mellonta Tauta (1849) »

Anonyme Un épisode de l’an 2000 (1897) Première publication : Le journal du dimanche, 15 août 1897   En ces temps-là, il n’y avait plus d’oiseaux. La Terre était une ville énorme, toute d’acier, recouverte, en  guise de voûte céleste, par un inextricable écheveau de fils télégraphiques et de rails pour les aérostats. L’homme avait réalisé le rêve de l’économie sociale et conquis sa dignité vraie. Aussi s’ennuyait-il ferme. Plus d’oiseaux, plus de fleurs ; à peine avait-on conservé les femmes. Il y en avait pourtant deContinuer la lecture « Un épisode de l’an 2000 — Anonyme (1897) »